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La guérisseuse Mapuche Francisca Linconao Huircapan et le pouvoir judiciaire chilien

Une traduction de l’allemand au français de l’article:
https://www.ila-web.de/ausgaben/399/ein-exemplarischer-fall

Non seulement les militants mapuches, mais aussi de nombreuses organisations nationales et internationales des droits de l’homme ont souligné à plusieurs reprises que la justice chilienne a tendance à discriminer systématiquement les Mapuche avec des accusations politiques bénéficiant d’un traitement judiciaire spécial.

Le cas de Francisca Linconao en est un exemple. Comme Machi (guérisseur), Francisca Linconao a une position très particulière dans la société Mapuche. En plus d’un acte d’accusation douteux et d’une attitude intransigeante dans le traitement de son cas, les autorités chiliennes et l’appareil judiciaire outragent non seulement les Mapuche, mais aussi l’opinion publique nationale et internationale. Leurs fonctionnements ne sont pas sans rappeler les pratiques de la dictature militaire.

A la fin du mois de mars, des forces spéciales policières ont profité de la nuit pour entrer en force dans la communauté et arrêter des membres de celle-ci, dont la Machi de 59 ans. Ce n’est pas la première fois que la Machi Francisca Linconao Huircapan et les membres de sa famille sont arrêtés brutalement dans leur sommeil par la police judiciaire d’investigation (PDI).

Francisca Linconao Huircapan vit à la campagne près de la capitale de la neuvième région, Temuco. Sa communauté indigène, Lof, se trouve dans le secteur nommé Rahue. Fransisca Linconao est une dame spéciale avec des compétences particulières. Elle occupe un des postes les plus prestigieux de la société Mapuche. Elle est une Machi , c’est à dire un médecin traditionnel, parce qu’elle a la capacité de guérir. Lorsque la médecine occidentale ne peut pas soigner, la Machi Linconao essaye d’aider les patients.

Elle dit de son rôle: «Je n’ai pas choisi d’être Machi. Ceci est une fonction qui s’est imposée à moi et je devais l’accepter. C’est un travail pour le bien commun de la communauté, un travail pour l’autre, dans le but de protéger la santé physique et spirituelle des membres de ma communauté “.

Comme Machi, ils utilisent des « Lawen », des herbes médicinales qui ne peuvent se développer que dans quelques endroits. Mais précisément à l’endroit où la Machi Linconao prend ses médicaments (lawen), se construit une antenne pour les téléphones mobiles par une grand entreprise privée Palermo Limitada. En outre, cette société Palermo Limitada a des exploitations forestières illégales sur le terrain Palermo Chico. Linconao est allée au tribunal. Elle a justifié son action, car entre autres choses, elle ne serait plus en mesure d’exercer sa profession à mesure de l’avancée d’autres destructions. La communauté a fait référence à la Convention des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (convention 169 de l’O.I.T.) et aux droits spéciaux des autorités religieuses des peuples autochtones. Les juges ont suivi leurs argumentations, ils ont ainsi gagné l’affaire et la société ne pouvait plus continuer à perturber leur espace de travail. Ce fut un précédent pour l’ensemble de l’Amérique du Sud.

Francisca Linconao est une femme forte qui ne cesse de revendiquer ses droits en tant que membre d’un peuple autochtone auprès des puissantes institutions. Cela ne l’a pas amené à n’avoir que des amis dont l’avocat de la société Palermo Limitada, Carlos Tenorio aujourd’hui, l’avocat de feu M. et Mme Luchsinger-MacKay.

La traque de la Machi a commencé en 2013 quand le couple Luchsinger-MacKay a été victime d’un incendie criminel de leur maison. C’est alors que la Machi Linconao est soupçonnée et arrêtée le 4 Janvier 2013. Elle a subi plusieurs humiliations de la part de l’État chilien. Elle a ainsi été écartée de sa position dans sa communauté. Sous la contrainte, ses vêtements traditionnels lui ont été enlevés et elle a été menottée devant la presse. Elle a été accusée de possession illégale d’armes. En Octobre 2013, elle a été acquittée de toutes les charges. En raison des dommages physiques et religieux à l’encontre de sa personne, elle porte plainte contre l’État chilien et gagne à nouveau. Une date en 2015 fut fixée par la Haute Cour pour le paiement des indemnités compensatoires. Au jour d’aujourd’hui, aucunes indemnités n’a été versée par l’Etat chilien. Au lieu de cela, Francisca Linconao subit de nouvelles représailles et persécutions.

Comme si les raids et arrestations nocturnes, les signatures mensuelles au poste de police, les dommages à sa réputation et la dégradation de son état de santé ne suffisaient pas, elle a de nouveau été arrêtée avec dix autres Mapuche dans la nuit du 30 Mars 2016. L’acte d’accusation de onze détenus repose cependant sur une fausse déclaration d’une des personnes arrêtées – Jose Peralino Huinca. Cela est apparu clairement, lors de l’enregistrement des données personnelles dans la salle d’audience de Temuco, qu’il avait signé une déclaration sous la menace. Ses allégations ne correspondaient pas à la vérité.

«J’ai beaucoup de questions” écrit le Machi dans une lettre ouverte à l’actuelle présidente du Chili, Michelle Bachelet. «Pourquoi l’État chilien m’accuse à nouveau de quelque chose que je n’ai pas commis? Je n’imaginais pas que j’aurais à subir un second raid de nuit où ils entrent dans mon espace sacré voulant troubler à nouveau mon équilibre? Pourquoi voulez – vous polluer ma spiritualité de Machi? ” A-t-elle demandé. 1 

Fransisca Linconao explique dans une interview avec CNN Chile que la famille Luchsinger-MacKay, ainsi que leur sœur, ont travaillé avec eux. Ces colons ont même été invités à une cérémonie importante, quand la Machi avait seulement 16 ans.

José Fernando Díaz, un homme d’église, parle de conditions inacceptables et compare celles-ci avec une «chasse aux sorcières». En mai, son emprisonnement a été converti en résidence surveillée. Cependant, presque une semaine plus tard, la cour d’appel prend une nouvelle décision et renvoie la Machi de 59 ans en prison invoquant qu’elle est un danger pour la société. En prison pour femmes de Temuco, la santé de Francisca Linconao se détériore rapidement. Elle est donc de nouveau libérée de prison et assignée à résidence. Cependant, quelques semaines plus tard, la mesure est encore levée. Elle pèse actuellement environ 44 kilogrammes. Elle a été hospitalisée à de multiples reprises. Les médecins confirment l’état critique de sa santé et ne peuvent rien faire pour elle. Dans un rapport médical du Dr Maldonado, il est mis en évidence que la machi souffre d’une gastrite chronique, d’hypertension et qu’elle présente des signes de dépression et d’anxiété majeure. Maintenant, elle est dans un hôpital interculturel à Nueva Imperial et elle est traitée de manière traditionnelle par un autre Machi.

Francisca Linconao demande: «Je veux vraiment vivre dans la dignité sur mon territoire, je veux créer mon équilibre et continuer à travailler comme Machi ».

A l’heure actuelle, elle est emprisonnée pour la troisième fois après avoir été en liberté surveillée à son domicile quelques jours.

1. Carta de la Machi Francisca Linconao une Presidenta Bachelet : www.mapuexpress.org/?p=8239

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Artículo traducido al francés (Fuente: http://www.mapuexpress.org/?p=8103)

De vastes et diverses opérations policières ont eu lieu de manière simultanée ce 30 mars 2016 dans la région de l’Araucanie. Ces opérations ont eu pour résultat l’arrestation de 11 personnes issues du peuple Mapuche qui sont accusées d’une implication dans un incendie criminel datant de janvier 2013 et ayant causé la mort du couple Werner Luchsinger et Vivianne Mackay.

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Fuente: 24horas

L’information a été publiée par la radio Bio-Bio et disait que la perquisition de la PDI (police d’investigation chilienne) fut dirigée par le procureur de la région, Cristian Paredes. Le contingent a reçu l’appui de la « brigade d’intervention tactique de la région métropolitaine ».

Selon nos sources, cette intervention a été planifiée entre la police d’investigation et le ministère public depuis longtemps. Cependant, des personnes ont été mises en détention alors qu’il a été démontré qu’elles se tenaient ailleurs au moment des faits reprochés.

Pour les accusations d’attaque avec un incendie criminel du couple Luchsinger_Mackay, le seul détenu et condamné fut le Machi Celestino Cordova. Il a été condamné à une peine de 18 ans d’emprisonnement pour l’incendie et la mort du couple.

Le cas de la Machi Linconao

Ce n’est pas la première fois que la Machi subit ce type de persécutions. Le 4 janvier 2013, après une perquisition à son domicile situé dans le secteur Rahue, la Machi Francisca Linconao Huicapan a souffert d’une humiliation qui l’affecte jusqu’au jour d’aujourd’hui. Après avoir été détenue et transférée au commissariat de Padre las Casas, elle fut dépouillée de ses vêtements traditionnels.

« Je fus détenue avec violence dans ma maison devant ma nièce de trois ans. Ils m’ont emmené menottée au commissariat et ils m’ont dépouillé de mes vêtements traditionnels. Je suis Machi, une autorité traditionnelle de ma communauté. Ensuite, ils m’ont emmené menottée au centre médical de Pulmahue pour faire un constat de coups et blessures. J’ai été exposée publiquement à travers la presse à une situation qui affecte ma dignité » raconte-t-elle.

Les faits se sont déroulés après les attaques à la famille Luchsinger-Mackay. Les policiers ont perquisitionné son domicile cherchant des armes ou des coupables. Au moyen d’un violent déploiement de force, elle fut détenue sans que ne lui soit expliqué les motifs de sa détention. Le jour suivant, après avoir passé la nuit incarcérée, elle a été informée que la police avait trouvé une arme comme par enchantement.

« Quand ils m’ont embarqué, ils m’ont seulement dit de les accompagner. Cinq policiers m’ont pris de force. Ce jour-là, je sais qu’ils ont pris un couteau qui était au bord de la fenêtre, celui qu’on avait utilisé pour ouvrir un sac de farine. Le lendemain, ils ont parlé de l’arme ».

La Machi Linconao fut acquittée des charges dont elle était accusée et elle s’est déterminée à porter plainte contre l’état. Le jugement pour préjudice moral lui a été favorable et elle a été dédommagée de 30 millions de pesos.

Les faits relatifs à l’affaire Luchsinger-Mackay ont généré aujourd’hui, étrangement, une chasse ouverte.

Le journal Werken.cl a publié : « Durant la matinée du mercredi, l’ ERTA (l’équipe d’intervention tactique) de la PDI de la région métropolitaine, aidé par des effectifs de l’Araucanie à charge du procureur Paredes, a réalisé une gigantesque perquisition dans les communautés de Vilcun, Tres Cerro et Rahue. Ils détiennent 11 Mapuche dont la Machi Francisca Linconao. Le gouvernement Chilien a informé qu’il présentait une accusation pour l’incendie criminel et le décès des grands propriétaires terrien anti-mapuche Luchsinger-Mackay. » Le journal ajoutait : « Nous sommes devant un nouveau montage policier orchestré par les colons et leurs appuis politiques et mafieux qui ont toujours cherché à tuer et emprisonner les mapuche qui luttent pour leur droit et leurs terres ancestrales ».

Il est important de remarquer que les conflits relatifs aux actes de propriétés au sein de la famille Luchsinger et Mackay, alors qu’il y a des preuves évidentes de coups et blessures, n’ont fait l’objet d’aucune enquête.

source : http://cristiancuevas.cl/?p=2055

Auteurs : Aucan Huilcaman y María Teresa Huentequeo

La présidente Michelle Bachelet a finalement annoncé un programme pour une “nouvelle constitution (politique)” chilienne. Une partie fondamentale du cadre institutionnelle de l’état chilien est toujours déterminée par la “constitution du général Augusto Pinochet”. Les plans d’une nouvelle constitution ont révélé que ces institutions, datant de la dictature, seront utilisées. Pour certains secteurs politique et économique , ce fait n’est pas pertinent. Cependant, pour l’opinion publique internationale, l’institution chilienne garde des racines dans l’ère de la dictature militaire.

Ceci est un point important duquel a dû s’éloigner la présidente Bachelet pour annoncer la procédure d’une nouvelle constitution.

Le processus constituant annoncé s’écarte des processus classiques pour établir une nouvelle constitution politique. L’éloignement d’un authentique processus constituant pourrait affecter la constitution qui était souhaitée au départ. Éventuellement, elle aboutira à un ensemble de réformes. Ce serait de nouveau un processus “à la chilienne”. Il faut dire que les processus politiques et institutionnelles “à la chilienne” donnent souvent lieu à des processus divergents des processus “légitimes et démocratiques”. A ce sujet, il suffit de rappeler les déclarations publics et au nom de l’état chilien de l’ex-président Ricardo Lagos Escobar (en septembre 2005). Il annonçait au pays et au monde qu’à partir de ce moment, le Chili disposait d’une nouvelle constitution politique. Il a été ovationné et félicité par tous les partis politiques chiliens. Cependant, maintenant on ne retient que la seule annonce de la présidente Michelle Bachelet pour une nouvelle constitution. Et on oublie et délégitime cet acte public et d’État effectué par l’ex-président Lagos.

Il est important de relever que la Présidente a affirmé clairement qu’elle prétendait établir « une nouvelle constitution politique », ce qui permet d’analyser dans toutes ses parties la constitution actuelle datant des années 80. De la même manière, cela permet d’espérer de nouveaux droits, si la situation et tous les intéressés impliqués le permettent.

Au congrès, le haut Quorum pour établir la décision d’une procédure pour arriver à une nouvelle constitution, comme une majorité des 2/3 de parlementaires, résulte véritablement préoccupant. En effet, il n’y a aucune certitude de l’aboutissement du processus puisqu’il dépend de la composition du congrès. Bien que l’actuel congrès détermine les directives de procédure, c’est au congrès, de l’année de 2017, qu’il y aura en grande partie le débat sur sa mise en œuvre, ceci indépendamment de la procédure adoptée à court terme. En plus du Quorum, il faut ajouter que le congrès chilien se voit remis en question par la crise de corruption, corruption de fonctionnaire, malversation des fonds publics, fausses factures entre autre délits que l’opinion publique connaît et que le ministère public investigue.

L’étape d’éducation civique annoncée et le contexte électoral pour une « nouvelle constitution politique » donne lieu à ce que ces prétentions légitimes soient utilisées comme étendard pour les présentations des respectives candidatures. En effet, celles-ci coïncident avec la scène des élections des maires et conseillers municipaux, et en 2017, avec les élections présidentielles, des députés, sénateurs, « core » et éventuellement des intendants. Les offres de ce scénario seront multiples, mais à l’heure de prendre des décisions, le citoyen chilien n’a aucun mécanisme de contrôle sur les élus. L’exemple le plus concret, c’est le vote systématique des députés et sénateurs qui ont toujours nié établir une reconnaissance des peuples autochtones et de leurs droits. En définitive, les élus ont voté contre les peuples autochtones.

Dans le processus pour une « nouvelle constitution », il est légitime de se demander: quelles certitudes ont les peuples autochtones d’un côté de participer au processus, et d’un autre que leurs droits et libertés fondamentales soient respectées et amplement stipulés dans la nouvelle constitution? Sous quel principe d’égalité ont-ils le droit de participer ? Il n’y a aucune certitude sur ce qu’ils arriveraient à inclure dans le nouveau texte constitutionnel. La question ne réside pas dans la participation ou dans l’éducation civique mais comment ils assureront aux peuples autochtones que leurs droits soient représentés largement dans la « nouvelle constitution politique » ? C’est dans ce cadre qu’émane chacun de ces doutes bien qu’une partie importante de cette situation trouve son explication dans l’histoire entretenue entre l’état chilien et les peuples autochtones et leurs droits.

En tenant compte de ces paramètres, ceux-ci nous indiquent et confirment que l’Etat chilien, c’est-à-dire la classe politique chilienne jusqu’au jour d’aujourd’hui, a maintenu « invariablement sa doctrine de négation des peuples autochtones et de leurs droits ». De plus, il n’existe aucune données sérieuses qui feraient penser qu’ils seraient maintenant bienveillant et démocratique avec les peuples autochtones et leurs droits. Il suffit de prendre comme référence l’ère de la dictature « l’alliance pour le Chili » et l’ère de la concertation la « nouvelle majorité ». Tous les projets relatifs à la reconnaissance des peuples autochtones et leurs droits ont eu pour but de limiter, restreindre, mutiler et dans le meilleur des cas diluer les droits collectifs des peuples autochtones et des Mapuche en particulier. Le dernier projet présenté au congrès (en septembre 2015) parrainé par les députés : Rene Saffirio, Jorge Rathgeb, Rene Manuel Garcia, Diego Paulsen, German Becker, met même l’accent sur la « cosmovision » et de cette manière distancie une reconnaissance effective des droits des peuples autochtones sur la restitution des terres, territoire et ses ressources, protection de la propriété intellectuelle, la biodiversité et la reconnaissance du droit à la libre détermination entre autres droits tangibles et intangibles que le droit international reconnaît déjà.

Pour répondre à la légitime question sur la participation des peuples autochtones et la reconnaissance de leurs droits , cette situation doit s’examiner à la lumière des droits collectifs qui ont été atteints dans le cadre du droit public international et qui établit que « les peuples autochtones ont le droit à la libre détermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur condition politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel ».

Le droit à la libre détermination est stipulé dans l’article 3 de la déclaration des nations unies sur le droit des peuples autochtones et réaffirmé dans de nombreux instruments des droits de l’homme de dernière génération. Donc, les représentants des peuples autochtones doivent définir préalablement s’ils rentrent dans le processus constitutionnel chilien, qui dans ses caractéristiques sera futur et incertain dans ses contenus, ou ils sortent de leur état de passivité et prennent la ferme décision de donner forme au droit à la libre détermination à travers la réalisation d’une propre assemblée constituante. Dans ce cas, il a déjà été annoncé une assemblée constituante Mapuche, comme une manière concrète de donner forme au droit à la libre détermination.

A l’heure actuelle, les peuples autochtones et les Mapuche en particulier, sont titulaires du droit à la libre détermination, ce qui constitue un droit certain. L’efficience du droit dépend d’un ensemble de situations. Dans ce cas, l’efficacité du droit à la libre détermination dépend de la volonté de chaque individu qui s’autodéfinit autochtone ou de chaque personne qui s’identifie Mapuche et qui fait la démarche de faire partie du processus constituant Mapuche.

Il est possible que dans le cas des peuples autochtones et en particulier des Mapuche, il faille effectuer une étape civique sur le droit à la libre détermination et informer préalablement qu’ils sont titulaires des standards le plus haut dont jouissent les peuples tel qu’est le droit à la libre détermination. De plus, il y a également un impératif collectif qui leur octroie une validité dans la légalité international qui reconnaît leurs droits, notamment le droit qui leur confère implicitement le pouvoir de s’auto-convoquer collectivement. Dans ce cas, ils ont la possibilité de s’auto-convoquer en assemblée constituante Mapuche.

Avec beaucoup de flair politique et avec une connaissance approfondie du droit international, les Mapuche ont annoncé la réalisation d’une assemblée constituante Mapuche en 2015 pour donner forme au droit à la libre détermination dont ils disposent. Ici, les Mapuche devront établir une procédure légitime avec la finalité d’adopter un statut qui établit une route à la libre détermination et ensuite former un auto-gouvernement dans le sud du Chili.

L’assemblée constituante Mapuche est-elle un sujet dans l’agenda du gouvernement de la « nouvelle majorité » ? Manifestement non, simplement parce que l’auto-convacation sera sous la protection du droit international et que les annonces de la présidente Michelle Bachelet se feront sous une procédure en grande partie basée sur les institutions émanant de la dictature militaire.

Il convient de souligner que les deux processus sont légitimes, la différence réside dans le fait que le peuple chilien, sous entendu les non autochtones, dans l’exercice du droit à l’autodétermination décide d’utiliser le cadre institutionnel actuel. Les Mapuche, en vertu du droit international, décideront d’une route propre en utilisant le droit international qui reconnaît un des droits les plus importants dont jouissent les peuples, le droit à l’autodétermination.

Les peuples autochtones, si réellement ils prétendent changer leur situation de relation avec l’état chilien, doivent impérativement donner forme au droit à la libre détermination. Si éventuellement, cela ne se réalise pas, cela démontrera l’efficacité du processus de domestication et de colonisation. En définitive, le long processus de colonialisme et de domestication se sera imposé, affectant la volonté des autochtones malgré qu’ils disposent d’un ensemble de droits reconnus par le droit international.

(traduction libre)