Le droit à l’autodétermination Mapuche et son processus organique

Publicado: 22 noviembre 2015 en Derecho a la autodeterminacion, français, Wallmapu

Source: http://rufianrevista.org/?portfolio=el-derecho-a-la-autodeterminacion-mapuche-y-su-proceso-organico

Auteurs: Aucan Huilcaman y María Teresa Huentequeo

A partir du premier sommet du Cerro Ñielol en 2013, une partie du peuple Mapuche a clairement signalé son intention d’établir son propre processus d’autonomisation. Dans le texte suivant, deux dirigeants font part du chemin à accomplir et des prochains défis à relever.

Le peuple Mapuche, comme tous les peuples autochtones du monde, s’est converti en sujet collectif du droit à la libre détermination à la suite d’un consensus international et comme conséquence de sa lutte menée au niveau international. Le 13 septembre 2007, le cour de l’Histoire en matière de droit de l’homme a changé radicalement pour les peuples autochtones. Cette reconnaissance juridique internationale est établie dans la déclaration des nations unies sur le droit des peuples autochtones, un instrument des droits de l’homme de dernière date qui stipule un ensemble de droits collectifs et plus spécifiquement le droit à la libre détermination, expressément établi dans son article 3:

« Les peuples autochtones ont le droit à la libre détermination. En vertu, de ce droit, il détermine librement leur condition politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel ».

Cette reconnaissance de la part du droit international établit un ensemble de défis à tous et à chacun des peuples autochtones c’est-à-dire comment et quand mettre en œuvre, en terme pratique, ce droit vital pour le futur des peuples autochtones.

Titulaire du droit à l’autodétermination

A partir du « consensus international », le peuple Mapuche est titulaire de l’une des normes les plus importantes dont jouissent les peuples : le droit à la libre détermination. La reconnaissance de ce droit n’est soumis à aucune condition, ni sujette à aucune norme juridique constitutionnelle d’un Etat déterminé, ni sujet à un système démocratique. Par conséquent, ce droit est suffisamment épuré. C’est pour cela que les peuples autochtones en vertu de ce droit déterminent librement leur condition politique et peuvent déterminer librement leur développement économique, social et culturel.

Le peuple Mapuche, étant titulaire de ce droit s’est proposé de définir une route qui lui permettra de matérialiser ce droit sous toutes ses formes et avec toutes ses conséquences inhérentes. Les acteurs du peuple Mapuche, maintenant qu’ils sont titulaires du droit à l’autodétermination, se sont demandés qu’elles sont les conditions préalables et les défis pour exercer ce droit, en tenant compte du processus de « chilenisation » c’est-à-dire un colonialisme intériorisé qui se manifeste dans sa culture, son identité, sa spiritualité, ses pratiques quotidiennes, en affectant ses formes de vie individuelles et communautaires.

L’école pour un auto-gouvernement Mapuche

Le droit à la libre détermination laisse aux sujets et destinataires de ce droit la capacité et le pouvoir de l’exercer. Ce nouveau contexte en matière de droit de l’homme pose un ensemble de défis dans ses plus diverses dimensions et manifestations concrètes pour les peuples autochtones, notamment la manière de mettre en œuvre ce droit qui se convertit en pierre angulaire de tous les autres droits collectifs qui aident les peuples autochtones.

Maintenant que les peuples autochtones comptent avec un instrument des droits de l’homme qui englobe les droits collectifs, parmi ceux-ci, le droit à la libre détermination, ils doivent prouver leurs capacités et compétences comme sujet collectif. Au contraire, la déclaration serait inutile et inefficace, mais pas à cause de son contenu et principe, sinon parce que les destinataires de ce droit n’auraient pas su montrer leur capacité à le mettre en œuvre. C’est le défi à relever de chaque peuple autochtone et en particulier du peuple Mapuche.

On doit rappeler que le droit à la libre détermination des peuples autochtones a été violée. C’est une conséquence du colonialisme européen et des républiques naissantes. Dans le cas du peuple Mapuche, ce droit fut résolument empêché d’être exercé après l’invasion militaire dénommée officiellement « pacification de l’Araucanie ». Par conséquent, il est extrêmement important de définir un point de départ et rediriger le droit à la libre détermination dans son sens le plus pratique. A ce sujet, le débat est renvoyé dans le camp des propres peuples autochtones et en particulier du peuple Mapuche.

Maintenant que les peuples autochtones sont titulaires du droit à la libre détermination, surgit les légitimes et opportuns questionnements  : « d’où partir ? Serait-il adéquat de former un gouvernement Mapuche provisoire ou définitif ? Quel type de gouvernement ? Un gouvernement classique ou traditionnel? Quel serait le procédé pour le légitimer ? Existe-t-il une volonté collective, un enthousiasme et une cohésion des Mapuche pour évoluer vers un processus d’autodétermination ? Est-il possible de définir et d’accepter que le droit à la libre détermination est un terrain commun où peuvent converger toutes les revendications ? Est-il possible d’éradiquer le colonialisme dans ses manifestations les plus diverses chez les leaders Mapuche pour reprendre la route de l’autodétermination ? Existe-t-il des personnes ou un contingent de Mapuche disposés et capables de s’autodéterminer ? Existe-t-il une volonté de la part des Mapuche de se débarasser du colonialisme idéologique, religieux et paternaliste pour se diriger vers l’autodétermination ?

A partir de chacune de ces interrogations s’est initié une « école pour un auto-gouvernement Mapuche ». Celle-ci a pour objet de générer un processus d’informations à tous les intéressés sur les nouveaux droits internationalement reconnus et en particulier su le droit à la libre détermination. Au sein de cette école s’ouvre un espace de dialogue entre les intéressés pour comprendre et assumer le défi international de mise en œuvre des droits collectifs. Un point important consiste à réfléchir aux étapes de cette implémentation en tenant compte des conditions fondamentales nécessaires à un peuple pour l’exercice de ses droits.

L’école propose de former un ensemble de personnes intéressées à développer un savoir, une mentalité et une capacité propre à gouverner. Elle veut favoriser un dialogue interne avec un groupe d’individus qui s’imposent un objectif clair et défini basé sur un principe de collectivité et d’appartenance culturelle Mapuche. L’école cherche à former des personnes qui assument le défi de se diriger vers un processus collectif d’autodétermination avec une affection au droit usuel Mapuche et au droit international, pour ainsi, au moment approprié adopter la décision la plus opportune et inhérente au droit à la libre détermination.

L’école pour l’auto-gouvernement Mapuche propose de partager toutes informations importantes à l’ensemble de la société chilienne. L’école met en évidence que l’implémentation du droit à la libre détermination n’implique pas que les chiliens auraient moins de droits. Au contraire, ce serait l’opportunité historique pour établir une relation institutionnelle constructive solide et perdurable. Il s’agirait d’une relation basée sur un statut qui établit les droits et compétences propres du peuple Mapuche dans l’exercice du droit à la libre détermination. Le moyen pour converger sur ce sujet entre Mapuche et non Mapuche, c’est un dialogue sincère, ouvert, transparent et continu.

I sommet pour l’autodétermination, accomplissement des traités et de la démilitarisation

L’école a eu des résultats efficaces. Elle a réussi à susciter l’intérêt de nombreuses organisations Mapuche, dépassant leurs différences, lesquelles ont accepté que le droit à la libre détermination est un intérêt commun où peuvent converger tous les intéressés à ce sujet. Dans ce sens, les organisations Mapuche, outre le Conseil de toutes les terres, le 16 janvier 2013 ont décidé de convoquer le premier sommet sur l’autodétermination, l’accomplissement des traités/parlements Mapuche. Ce fut la première initiative publique qui a généré un espace pour débattre le droit à la libre détermination et établir un chemin commun.

Ce sommet, dans ses affirmations et conclusions, soutient et déclare : « les Mapuche, participants et adhérents au premier sommet, annoncent qu’à partir de ce moment, un travail à la formation d’un auto-gouvernement Mapuche va se réaliser. Cet auto-gouvernement sera dirigé et régi par un statut qui détermine ses pouvoirs et autorités inhérentes. Le gouvernement aura une juridiction qui recouvre le territoire à partir du Bio Bio jusqu’au sud. Ce statut établira de manière concrète les relations institutionnelles avec l’état chilien et ses institutions.

Les traités/parlements Mapuche et le droit à l’autodétermination

Les Mapuche , à l’instar des peuples autochtones qui vivent dans la juridiction des Etats-Unis, Canada et Nouvelle-Zélande, font parties des peuples qui ont eu des traités avec le système colonial, dans ce cas, hispanique et l’état chilien. Ces traités reconnaissent l’indépendance et la souveraineté territoriale des Mapuche. Ces accords se sont réalisés à partir de 1641 jusqu’en 1825 avec l’état chilien. C’est un des sujets de la plus grande importance pour le peuple Mapuche en matière territorial et en ce qui concerne ses ressources. Dans ce sens, le premier sommet au Cerro Ñielol a abordé ce droit comme le droit à la libre détermination de la manière suivante : « Les traités étant un sujet propre au droit, indépendamment des actes de méconnaissance qu’a favorisé l’état chilien, le droit international leur a restitué leurs valeurs juridiques et les a reconnu dans leur intégralité ». Ce droit est reconnu dans l’article 37 de la déclaration des nations unies sur les droits des peuples autochtones :

« 1. Les peuples autochtones ont le droit à ce que les traités, accords et autres arrangements constructifs conclus avec des États ou leurs successeurs soient reconnus et effectivement appliqués, et à ce que les États honorent et respectent lesdits traités, accord et autres arrangements constructifs ».

Au même moment, se sont définis quelques actions du côté du peuple Mapuche dans les termes suivant : « en tenant compte que les traités Mapuche passés avec l’état chilien sont pleinement en vigueur et reconnu par le droit international. Dans la première moitié de 2013, nous avons présenté officiellement à l’état chilien la formation d’une commission mixte avec l’objectif d’explorer des solutions acceptables pour l’accomplissement et l’application des traités. Cette commission émergera d’une décision souveraine, à caractère collectif, des organisations et communautés Mapuche. Elle sera guidée par un mandat clair et précis qui sauvegarde les principes, l’esprit, les contenus des traités.

Le second sommet pour l’autodétermination Mapuche

Au premier sommet, les participants Mapuche ont annoncé publiquement commencer à avancer vers un processus d’autodétermination sous couverture du droit international. Au second sommet, il a été conclu que ce droit pour sa mise en œuvre intégrale nécessite les impératifs suivant :

A– la construction d’une volonté collective qui surgit de la volonté individuelle de chaque Mapuche

B– créer des individus ou contingent de Mapuche avec une capacité et une mentalité de gouvernant

C– un système de gouvernement, qu’il soit traditionnel, classique non Mapuche ou une combinaison des deux systèmes

D– un statut d’autogouvernement Mapuche

Processus organique et sa légitimation

1– une constituante Mapuche pour l’adoption de statut pour l’autogouvernement Mapuche

2– une constituante Mapuche pour la création et l’instauration du gouvernement Mapuche

(Traduction libre)

 

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